16 - Arnaud Desjardins « Pour une vie réussie, un amour réussi » (Editions Pocket – Spiritualités)

Cher(e)s ami(e)s de Selfarmonia,

Le séminaire de cet été intitulé « Comment apprivoiser sa solitude au quotidien ? » a montré, s’il en était encore besoin, la nécessité de savoir être bien seul pour ensuite vivre à deux en harmonie. Aussi pour s’inscrire dans cette logique, j’ai choisi de vous présenter l’ouvrage d’Arnaud Desjardins « Pour une vie réussie, un amour réussi » (Editions Pocket – Spiritualités)

En effet, de nombreuses personnes, surtout des femmes, ne sont pas en mesure de « refaire leur vie » comme on dit, car il y a en elles, au-delà d’une insatisfaction affective, un inconfort à vivre seule, en clair une difficulté à regarder en face ce qui constitue leurs appréhensions profondes, d’ailleurs bien normales après la dissolution d’un couple ou l’absence prolongée d’un compagnon. Voici ce qu’écrit Arnaud Desjardins dans son livre à ce sujet :

 « Y a-t-il encore beaucoup de femmes capables de se donner totalement, donc libres de peurs inconscientes ? Si ces peurs demeurent, le don ne peut être véritable, total et sans arrière-pensées. Et qui peut affirmer qu’il est libre des peurs inconscientes de se donner ? » Or « (…) le mental tente un compromis qui ne peut pas aboutir : se donner sans se donner. »

Du côté des hommes, la problématique se révèle différente. Arnaud Desjardins part du cas de Marco qui exprime ceci : « Plusieurs femmes m’ont dit «  je t’aime » au cours de ma vie et pourtant j’ai la conviction de n’avoir jamais été aimé ». Puis Arnaud Desjardins ajoute : « Ceci est vrai pour la plupart des hommes parce qu’ils cherchent chez la femme cette féminité qu’ils n’osent pas découvrir en eux. » Arnaud Desjardins les interpellent : « Plus vous vous coupez de votre propre féminité, plus vous devenez faibles en face des femmes. Vous avez peur de cette faiblesse, vous vous méfiez, vous réagissez par la dureté et, comme le dit si bien la pensée moderne, vous transformez la femme en objet pour la rendre inoffensive »

Fort heureusement beaucoup d'hommes ne vont pas jusque là ! D'ailleurs, 
Arnaud Desjardins ajoute : « Il n’est en rien déshonorant pour un homme de prendre une attitude féminine comme critère pour devenir pleinement un homme et non une caricature qui n’accepte que la moitié de la réalité. Un être humain qui veut bien expirer mais ne veut pas inspirer pourrait-il survivre ? »  Or ces constats étant fait, en quoi constituerait l’attitude juste ? 

Arnaud Desjardins poursuit en nous proposant ceci : 
« Vous admettez que tout être humain équilibré, homme ou femme, possède normalement ces deux aptitudes, donner et recevoir, se laisser transformer et transformer. Mais aujourd’hui, vous êtes tous tournés, hommes et femmes, vers l’attitude et le comportement consistant à transformer plutôt qu’à se laisser transformer. Vous avez peur d’être passifs et vous avez donné la primauté à l’activité. » Ces propos font pleinement écho, rappelez-vous, à ceux de JL.Servan-Schreiber où il avait démontré dans notre dernière newsletter, à quelles extrémités menait concrètement la suractivité forcenée, sous toutes ses formes. Or la transformation de l’autre à tout prix n’en fait-elle pas partie ? 

Enfin, dans la suite de son livre, Arnaud Desjardins va plus loin avec ces trois conseils avisés :

- « Il n’y a pas d’être humain harmonieux qui ne soit capable de passivité. Vous avez à redécouvrir comment recevoir sans se protéger, oser se rendre vulnérable et se laisser transformer. » 

- Et pour cela, selon l’auteur : « Une qualité nouvelle vous est demandé : une vigilance pour détendre. Si vous êtes complètement relâchés musculairement, vous n’êtes plus prêts à prendre, à vous emparer, à fuir, ou à détruire. Le relâchement musculaire va de pair avec la passivité. »

- « Si vous équilibrez harmonieusement l’activité et la passivité, vous ne connaitrez plus ces mouvements cycliques d’exaltation et de dépression où, un jour, tout paraît possible, et où, une semaine plus tard, vous touchez le fond du découragement. Si vous êtes, intérieurement, activement passifs, et extérieurement, passivement actifs, vous pourrez demeurer équanimes qu’il fasse chaud ou froid, avec beaucoup ou peu de travail, que tout aille bien ou que tout aille mal.
 »


     En guise de conclusion, je souhaite pour ma part, vous exprimer ceci : quelle joie ineffable pour une femme de voir éclore chez son bien aimé une sensibilité contemplative plus vaste aux êtres et aux choses ! Et quelle satisfaction profonde de se voir vivement encouragée, voire accompagnée, par son conjoint dans des activités masculines (ex : certaines activités de sport ou de bricolage) dans lesquelles on ne s’était guère aventurée jusque là ! Tout cela m’est un grand réconfort, et vous ?

Helen Monnet

©Frédéric

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