12 - « Les états d’âme ou un apprentissage de la sérénité » de Christophe André aux éditions Odile Jacob

 ©H. Monnet

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Cher(e)s ami(e)s de Selfarmonia,

Voici déjà un an que nous avons rendez-vous chaque mois : j’ose espérer que la lecture de ces newsletters vous aura été utile et agréable !

Aussi, pour célébrer dignement cet anniversaire, je vous présente un ouvrage tout en subtilité et en justesse : « Les états d’âme ou un apprentissage de la sérénité » de Christophe André (Ed. Odile Jacob).

La démarche de relaxation que je fais pratiquer à mes patients et à certains de mes proches met en effet souvent ceux-ci face à des états d’âme, perturbateurs ou agréables, dont ils n’avaient pas forcément conscience auparavant : ce sont les pensées dites parasites, gênant la concentration sur le seul souffle, ou au contraire, des bouffées de joie jaillissant soudain au détour d’une visualisation positive. Mais il y a toutes les autres ! Et Christophe André, psychiâtre et psychothérapeute, les définit très bien en pages 20, 21 et 22 :

« Ils sont des contenus mentaux, conscients ou inconscients, mêlant états du corps, émotions subtiles et pensées automatiques, qui vont influencer la plupart de nos attitudes (…) les états d’âme sont aussi une construction originale : la fusion, la synthèse que nous effectuons automatiquement entre le dedans (état du corps et vision du monde) et le dehors (réactivité aux évènements)(…) Autre caractéristique des états d’âme : leur rémanence. La rémanence, c’est la persistance partielle d’un phénomène après la disparition de sa cause. Par essence, les états d’âme durent au-delà des situations qui les ont justifiés ou déclenchés. »

D’après mes humbles observations, un état d’âme apparaît comme une sorte de « courroie de transmission » entre notre intériorité singulière et le monde extérieur, fonctionnant à double sens, mais une courroie plus ou moins flexible. En effet, nous ne sommes pas tous égaux devant nos états d’âme, me semble-t-il. Par exemple, les personnes à tendance dépressive ou obsessionnelle sont plutôt les victimes d’une rigidité de cette courroie. Et la rémanence de leurs états d’âme est plus longue. Mais porter un minimum d’intérêt à ceux-ci en les observant avec attention, surtout avec une certaine bienveillance, peut sans doute permettre de prévenir un début de trouble psychique. Et ce n’est pas rien !

Puis Christophe André illustre son propos par cette image très juste :

« L’exercice de l’introspection, c’est comme prendre le temps d’accorder son instrument de musique, pour mieux en jouer ensuite. Combien d’entre nous prennent soin de réaccorder régulièrement leur âme ? »

En effet, certaines épreuves nous imposent parfois de rejouer complètement notre partition de vie avec perte et fracas : notre liberté se trouve alors réduite à portion congrue. Mais si nous pratiquons ce « réaccord », en écoutant souvent notre petite musique intérieure, il me semble qu’ainsi nous nous préparons mieux à faire face à de nouveaux aléas et notre vocation d’être embellit.

Puis en page 80, Christophe André va plus loin dans sa définition en nous proposant un choix, que j’ose qualifier d’éthique :

« Les états d’âme ? Mais c’est de la prise de tête, ça non ? Certes, certes, ça peut l’être. Mais on peut aussi se servir de son cerveau de temps en temps pour autre chose que le travail ou les loisirs.(…) il serait dommage de ne réfléchir à soi qu’en se rendant chez un psy (…) si nous n’y prenons garde, nous ne ferons fonctionner notre cerveau que pour FAIRE des choses et nous oublierons de nous sentir ETRE, de nous observer en train de vivre »

En effet, même si le FAIRE nous libère parfois du stress, il ne peut vraiment y parvenir, me semble-t-il, que grâce à un  pré-requis : une « prise de température » de l’ETRE. Car l’action pour l’action, si elle n’est destinée à rien d’autre qu’à évacuer au plus vite une peur du vide, est, à terme, dénuée de sens. Car confondre le FAIRE et l’ETRE représente un danger : celui de croire qu’en l’absence d’action nous ne sommes rien, ou en tous cas, pas grand chose. Certains drames du chômage ou de la retraite forcée seraient sensiblement moindres si cette confusion ne régnait pas tant dans les esprits occidentaux.

Chaque jour, consacrer une dizaine de minutes à la méditation est tout à fait envisageable dans nos emplois du temps, n’est-il pas vrai ?

Aujourd’hui, mon intériorité affiche 37°8. Et vous ? 

Helen Monnet