19 - Anne Ancelin Schützenberger « Aie mes aïeux ! », aux éditions Desclée de Brouwer

Cher(e)s ami(e)s de Selfarmonia,

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Pour inaugurer cette nouvelle année, j’avais envie de vous faire partager ma découverte de la psychogénéalogie avec le livre d’Anne Ancelin Schützenberger  « Aie mes aïeux ! », paru aux éditions Desclée de Brouwer. Comme en témoignent les nombreuses rééditions  - la 16ème et dernière date de 2010 - cet ouvrage constitue une référence sur le sujet.

Pour situer sa « filiation professionnelle », précisons que l’auteure a été formée à la psychanalyse par les français Robert Gessain et Françoise Dolto et au psychodrame par l’américain J.L. Moreno, ce qui lui a permis de « pouvoir, parfois, faire d’une grenouille une princesse », comme elle dit.

Pour révéler pareille métamorphose, la psychologue part tout d’abord du principe « qu’il y a un impact du regard de la famille, de la société et de l’équilibre familial sur le développement d’une personne, de sa santé. »
Puis elle précise que « dans un système familial, les fonctions psychiques d’un membre conditionnent celles d’un autre membre : il y a une régulation réciproque perpétuelle et les règles qui concernent le fonctionnement du système familial sont autant implicites qu’explicites, mais essentiellement implicites, c’est à dire tenues pour acquises et allant de soi. Aussi les membres de la famille n’en sont-ils pas conscients. »
Telle la règle de loyauté par exemple :
« Dans une famille, il est important de savoir qui est lié par la loyauté à qui et comment, ainsi que le sens que chacun donne à la loyauté ; et ce sens est très différent selon les individus. Chacun entretient une comptabilité subjective de ce qu’il a donné et reçu dans le passé et dans le présent et ce qu’il donnera et recevra dans le futur. »
La psychothérapeute cite notamment le cas de certaines mères abusives : « C’est vrai qu’elles ont élevé leurs enfants, souvent en se donnant du mal, mais personne ne leur demandait de se « sacrifier » comme elles se sont sacrifiées et en fait, leur rendre ce qu’elles ont donné serait du « reparentage » obligé (c’est à dire devenir le parent de ses parents) »
Mais il existe d’autres règles souvent présentes chez les familles :
«  - la règle des complémentarités, où il y a notamment des soignants et des soignés,
-  la règle de la cohabitation sous le même toit,même quand les enfants sont mariés,
-  la règle de l’aîné gardant la maison (la ferme, le château) les autres vivant ailleurs,
-  la règle où on fabrique un aîné qui va reprendre les affaires familiales,
-  la règle du premier fils (pas forcément l’aîné) qui fait des études,
- la règle de l’égalité entre les enfants. »


On le voit, ce qui se transmet ou non dans les familles est au centre de la démarche  psychogénéalogique. Or selon l’auteure, il y a deux sortes de transmissions familiales :
« - les transmissions intergénérationnelles sont des transmissions pensées et parlées entre grands-parents et enfants : habitudes, tours de main, manière d’être (ex : on est « dans les postes », on a «la main verte », on est « gros mangeur »)
- les transmissions transgénérationnelles non dites, parfois interdites, impensées : on voit alors apparaître des traumatismes, des cauchemars, des maladies, des inscriptions (psycho)somatiques… »


Aussi, lorsque l’on veut étamer un travail sur soi de ce type, doit-on être prêt « à découvrir d’où l’on vient, retrouver qui on est et de quoi on a hérité, avec l’aide d’un thérapeute et/ou d’un groupe. »
Car il s’agit bien là de devenir pleinement adulte, « puisque que ce n’est qu’une fois l’ardoise effacée, qu’un homme ou une femme peut se créer et s’inventer sa vie. »

Ça vous parle ?