27 - Jon Kabat-Zinn « L’Eveil des sens, vivre l’instant présent grâce à la pleine conscience » aux Editions Pocket- Evolution.

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Cher(e)s ami(e)s de Selfarmonia,

Ce mois-ci, j’ai choisi de vous présenter l’ouvrage au ton très direct et tonique de Jon Kabat-Zinn « L’Eveil des sens, vivre l’instant présent grâce à la pleine conscience » aux Editions Pocket- Evolution.

L’auteur, Jon Kabat-Zinn est professeur de médecine ; il a fondé la Clinique de Réduction du Stress et le Centre pour la Pleine Conscience en Médecine (Université du Massachussets).
Comme d’habitude, en voici quelques extraits commentés :

« J’ignore ce qu’il en est pour vous, mais en ce qui me concerne, j’ai le sentiment que nous sommes à un carrefour décisif de la vie sur cette planète. 
(…) Ce qui nous attend dans les moments à venir, en tant qu’individus et en tant que société, sera en grande partie façonné par l’usage que nous ferons de notre aptitude innée et incomparable à être clairement conscients de ce que nous vivons. »


Je partage en effet cette idée : en ce début de XXIème siècle, nous avons des choix à effectuer du côté de l’ETRE, puisque, en ces temps de « crise », l’AVOIR va a priori aller en diminuant… Mais bien loin de se positionner en apôtre d’une Apocalypse, Jon Kabat-Zinn nous dépeint un tableau très précis de ce que nous vivons intérieurement :

« Parfois, nous parlons familièrement de « stress » pour désigner ce type de sensations et d’états, ce mal-être qui nous prend si souvent. Il s’agit généralement d’une impression douloureuse. Pesante. Et toujours accompagnée d’une insatisfaction sous-jacente. (…) A une époque d’accélération exponentielle, il est plus important que jamais d’apprendre à habiter l’intemporel et à y puiser consolation et clairvoyance (…) notre absorption dans le futur et le passé est devenue telle que, la plupart du temps, nous n’avons aucune conscience du moment présent. C’est ce qui explique que nous ayons parfois l’impression d’avoir peu, pour ne pas dire aucun contrôle sur les hauts et les bas de notre vie et de notre esprit. »

Puis il propose, très pragmatiquement un remède, à la disposition de tous, la méditation en pleine conscience (mindfulness meditation):

« La méditation est une façon d’être, non une technique. C’est une façon d’être à l’instant présent, à notre propre esprit et à notre propre expérience (….) Deuxièmement, méditation et relaxation ne sont pas synonymes. Cela ne signifie pas que la méditation ne soit pas fréquemment accompagnée de profonds états de relaxation et de sentiments profonds de bien-être. Bien sûr, elle est, ou plutôt, elle peut parfois être relaxante.  La méditation en pleine conscience étreint tous les états mentaux de la claire conscience, sans préférence pour l’un ou l’autre. » 

En tant que relaxologue et pratiquante de la méditation depuis plus de quinze ans, je confirme tout à fait les vues du Pr. Jon Kabat-Zinn. Bien qu’utilisant toutes deux l’attention à la respiration, relaxation et méditation sont complémentaires ; je dirais même que la première permet d’autant mieux l’expansion de la seconde. Une fois bien relaxé, l’attention à l’instant présent, quel qu’il soit, est plus aisée car plus supportable puisque la relaxation élimine certaines peurs, souvent sans véritable objet et seulement issues du mental. 

Puis Jon Kabat-Zinn poursuit :

« Ainsi, douleur et angoisse mais aussi ennui, impatience, frustration, anxiété et tension corporelle sont autant d’objets valables de notre attention s’ils surviennent en nous à l’instant présent, chacun constituant une riche opportunité de vision pénétrante et d’apprentissage et potentiellement de libération, plutôt que le signe de « l’échec » de notre pratique méditative, sous prétexte que nous ne nous sentons pas détendus ou que nous n’éprouvons pas de béatitude à un moment donné. On pourrait dire que la méditation est réellement une façon d’être adaptée aux circonstances dans lesquelles on se trouve, à n’importe quel moment.(…) c’est le non-attachement, et donc la claire perception, ainsi que la volonté d’agir de manière adaptée aux circonstances, quelles qu’elles soient, qui constituent la méditation. »

De mon côté, il me semble que la méditation nous permet d’aiguiser ce que l’on nomme  « l’intelligence de situation » : le calme intérieur que l’on obtient grâce à elle nous permet de voir les choses dans toute leur dimension et d’agir avec plus de justesse.

Puis Jon Kabat-Zinn évoque la manière dont nous passons à côté de notre vie – qui n’est parfois pas si longue – sans même nous en apercevoir :

« Ma motivation pour pratiquer la pleine conscience est assez simple : chaque moment manqué est un moment non vécu. Chaque moment manqué augmente la probabilité de manquer le suivant, et de le vivre enveloppé dans des habitudes de pensées machinales, de sentiments et de gestes automatiques, plutôt que dans, par et à travers la claire conscience. (…) de plus, la vie est extraordinairement intéressante quand nous nous ouvrons à elle et que nous prêtons attention aux détails » 

Bien sûr, ce n’est pas si simple et la méditation implique deux qualités : la patience et un minimum d’estime de soi. Car comme l’explique Jon Kabat-Zinn : (…) «  un des défis de la pleine conscience est de rester en contact avec les rythmes naturels de notre vie, même si nous nous sentons parfois loin d’eux, même si nous avons complètement perdu contact avec eux et que nous devions écouter à nouveau ces appels intérieurs avec beaucoup de tendresses et de respect » 

Car bien souvent, nous avons tendance à être paralysés par notre mental ce qui risque fort, à la longue, de nous faire perdre de vue le sens même de nos actions. Comme l’exprime ici l’auteur  : « celui qui est submergé est généralement si agité, si affolé, si préoccupé par lui-même qu’il n’est pas capable d’aller à la rencontre des gens et des évènements avec aisance et plénitude – y compris de lui-même et de ceux qui comptent le plus à ses yeux. (…) 

Et cela questionne, bien évidemment, la nature de notre gestion du temps. Certains de mes clients en coaching, cadres-dirigeants, en sont les propres victimes ; ils pourraient se reconnaître dans les propos de Jon Kabat-Zinn : « nous avons également tendance à saturer en  permanence tous nos moments, de crainte d’être désœuvrés, de nous ennuyer ou d’avoir à affronter le calme. (...) même en vacances, où nous pouvons saturer notre temps sous prétexte de vouloir justement passer du bon temps, nous finissons par en manquer ou par revenir chez nous vaguement insatisfaits. L’album-photo prouve bien que nous étions là, mais était-ce réellement le cas ? et la carte postale du bout du monde d’indiquer : « je m’éclate. Dommage que je ne sois pas là »

La période des vacances approche. Alors, y serez vous VRAIMENT cette fois ?