23 - Jean-Pierre Soulier, ancien manager et coach, explique le phénomène de la Procrastination

© V. Abadie

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Cher(e)s ami(e)s de Selfarmonia,

La pratique de l’auto-relaxation respiratoire implique, surtout au début, une certaine régularité. Un minimum de deux auto-séances par semaine est nécessaire pour que la mémorisation de la détente et surtout de ses effets s’inscrivent dans le corps. Or certaines personnes, pourtant bien décidées à pratiquer, ne le font pas car elles sont victimes de ce qu’on appelle la procrastination. Dans cette newsletter, j’offre mes colonnes àJean-Pierre Soulier, ancien manager et coach, qui nous explique la nature de ce phénomène psychique :

Ce sont mes fonctions managériales qui m’ont donné l’idée d’explorer plus en profondeur un comportement dont on sourit facilement : La Procrastination, le fait de remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même, dans des domaines précis de sa vie (professionnel, personnel).

En effet, je m’agaçais souvent de redemander les mêmes choses aux mêmes personnes : des prévisions aux uns, un mode d’organisation aux autres, une manière de se présenter, etc.... C’était une perte de temps pour moi et un stress permanent pour tous. L’efficacité personnelle et la performance des équipes ont été deux bonnes raisons d’étudier ce sujet.

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En fait, je me suis davantage intéressé à la manière d’agir sur le comportement qu’aux causes de la procrastination qui sont multiples et complexes.

La procrastination fonctionne suivant un processus bien ancré : voir figure ci contre.

J’ai fait des liens avec la description que fait I. Yallom  dans « La Thérapie Existentielle » à propos de l’angoisse de la liberté. Une étape cruciale concerne laconscientisation.  Nous ne sommes pas toujours en mesure d’être conscients de ce comportement. Certaines de nos réflexions peuvent nous alerter : « Je n’ai pas le temps », « il faut que… mais… » etc,

A l’inverse, un quasi déni du besoin est illustré par le Burn Out (dépression professionnelle) puisqu’il s’agit d’une conséquence dramatique de l’acte de remettre au lendemain le fait de se préoccuper de soi. 

Plutôt qu’une cause, la découverte de notre conscience nous permet également de discerner un sens à ne pas agir, comme ce commercial qui avait pour habitude de se garer systématiquement de manière gênante jusqu’à l’enlèvement fréquent du véhicule. Au premier degré, il pensait : « j’ai l’impression de gagner du temps ». Au second, le sens profond pour lui était  une manifestation de puissance vis-à-vis d’un territoire ou d’une autorité. Ce faux sentiment de liberté avait pour inconvénient de lui faire perdre de nombreuses heures de travail. Notons qu’un minimum de sens à ne pas agir l’emporte largement sur une absence de sens à faire, autre angoisse fondamentale de l’être humain.

La prise de conscience amène à des choix et choisir c’est renoncer…  Le mécanisme de décision confronte au changement et à la responsabilité. C’est pourquoi certaines décisions sont difficiles à prendre. Mais modifier en conscience notre conduite est une source d’efficacité professionnelle et de bien-être personnel.

(*) Addiction : L'addiction désigne l'asservissement d'un sujet à une substance ou une activité dont il a contracté l'habitude par un usage plus ou moins répété.